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LA 5G Donner du temps au temps

LA 5G : Donner du temps au temps ….

Peur de la 5G ?

Les premières lignes de chemin de fer furent mises en service durant le premier tiers du XIXe siècle. L’apparition des machines de fer s’est accompagnée de nombreux fantasmes liés à la vitesse et aux maladies que l’on risquait de contracter si l’on montait à bord d’un véhicule tracté par une locomotive.

Doit-on craindre l’arrivée prochaine de la 5G comme on craignait l’usage du chemin de fer dans les années 1830 ou de pseudos sources scientifiques annonçaient des maladies nerveuses, voire l’épilepsie et la danse de Saint-Guy », qu’ils « enflammeraient la rétine et feraient avorter les femmes enceintes » !!!

Il est certain que de nombreuses inquiétudes persistent sur la généralisation de cette technologie :

le devenir des milliards de smartphones périmés qu’il faudra changer, une très forte augmentation de la consommation électrique, le danger d’utiliser une technologie chinoise  (Huawei : risque d’espionnage….), le danger provoqué par les ondes électromagnétiques (spectre de 3,6 à 26 GHz), l’utilisation d’un gadget qui n’ améliorera en rien la qualité de notre vie……..

Le paradoxe : on va lancer en septembre l’appel d’offre pour attribuer des fréquences de la 5G alors que le rapport de l’Anses sur les risques provoqués par les ondes ne sera connu qu’en début d’année prochaine. Et il s’agit d’une étude sur des risques à court terme mais qu’en sera t’il des risques sur l’usage de la 5G sur le long terme ?

Au vu de ces questions il est permis de rire à la lecture des phrases stupides que l’on entend à propos de la 5G :

  • Je ne suis pas médecin je suis technicien, j’installe et je respecte les normes… !

  • Est-ce qu’on se marginalise parce que peut-être qu’ il y a un risque ou est-ce qu’on vit avec son époque ?

  • Si il y avait des problème on le saurait !

  • S’opposer à la 5G est-ce une attitude de cryptoécologiste qui veut retourner à l’ère de la bougie ?

La 5G à la Réunion :

La Réunion figure parmi les départements français test où est essayée cette nouvelle technologie. Le Quotidien (04/11/20) informe que Orange effectue des tests pour la téléphonie mobile et SFR sur la box , tout ceci à Saint Denis. Le retour de ces test sera communiqué à l’Arcep pour préparer l’attribution de cette bande de manière pérenne.

Les opérateurs réunionnais n’anticipent plus son déploiement avant la fin de l’année 2021. Soit avec au moins un an de retard !

La position de l’UFC Que Choisir

 » Alors que les principales fréquences 5G vont, en dépit des légitimes préoccupations exprimées au sein de la population, être attribuées en septembre, l’UFC-Que Choisir appelle le nouveau Premier Ministre à attendre les résultats de l’enquête en cours de l’ANSES sur les éventuels risques sanitaires de la 5G avant, le cas échéant, d’autoriser sa commercialisation. Par ailleurs, l’association demande que toute la transparence soit faite sur les déterminants de la surconsommation de données mobiles au regard de son impact environnemental, ainsi que d’agir pour éviter les mystifications marketing des opérateurs. « 

Les Dérives Marketing :

Alors qu’actuellement le chemin vers une commercialisation de la 5G reste tracé, les risques de dérives marketing des opérateurs doivent dès à présent être empêchés par les pouvoirs publics. En effet, le terme générique « 5G » masque en réalité de fortes disparités, puisque les débits théoriques maximaux pourraient s’échelonner de 30 Mbit/s à 1 Gbit/s, selon la fréquence utilisée. Évidemment, le risque est que les opérateurs « survendent » la 5G pour pousser les consommateurs à souscrire de chers abonnements.

Compte tenu des constats et inquiétudes liés au déploiement et à la commercialisation de la 5G – sujet impliquant plusieurs ministères, pouvant défendre des points de vue contradictoires – l’UFC-Que Choisir demande :

1) Au Premier Ministre, de ne pas permettre la commercialisation d’offres 5G tant que les résultats de l’étude de l’ANSES sur les effets sanitaires liés à l’exposition aux champs électromagnétique de sa bande de fréquences 3,5 GHz ne seront pas connus.

2) A l’ARCEP, d’axer ses travaux, dans le cadre de sa plateforme « pour un numérique soutenable »4, sur le gaspillage de données mobiles causé par les professionnels (publicité imposée aux consommateurs, inutile surenchère technologique en termes de qualité d’affichage…).

3) A la DGCCRF, d’anticiper une éventuelle commercialisation de la 5G en érigeant une règlementation préservant les consommateurs de dérives marketing par les opérateurs.

CONCLUSIONS

On s’intéresse ici au téléphone, objet symbolique de la 5G, mais cette logique d’obsolescence programmée s’applique à l’ensemble des gadgets technologiques qui peupleront demain notre quotidien. Qu’allons-nous faire quand les 75,44 milliards d’objets connectés annoncés en 2025 seront en fin de vie ?

« Le numérique rend les déchets totalement invisibles. Un peu comme le nucléaire, analyse le sociologue Dominique Boullier. Quand on jette un plastique par terre, on le voit. Mais, pour le numérique, cela part ailleurs. Il n’y a aucune vision systémique de tout cela. Il faudrait ralentir notre connectivité permanente mais l’enjeu est difficile. L’État doit légiférer, imposer des bilans énergétiques, aider les gens à changer leur comportement. » Et enfin, intégrer la sobriété numérique dans nos pratiques technologiques.